Budget 2026 : pourquoi les producteurs et revendeurs de CBD redoutent une hausse des taxes ?

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Budget 2026 : pourquoi les producteurs et revendeurs de CBD redoutent une hausse des taxes

Article mis à jour au 27 novembre 2025 – à titre informatif, ne vaut pas conseil fiscal ou juridique.

Le Projet de Loi de Finances 2026 (PLF 2026) et son article 23 ont mis toute la filière chanvre-CBD sous pression. Entre nouvelle fiscalité de type "tabac" et restriction de la vente à des points de vente agréés (bureaux de tabac, établissements sous agrément douanier), les producteurs, grossistes et revendeurs CBD redoutent une hausse brutale de leurs coûts et une reconfiguration complète des circuits de distribution.
Cet article fait le point, côté B2B, sur ce que prévoit l’article 23 et sur les réflexes à adopter pour anticiper au niveau de votre boutique ou réseau.

Nous ne sommes pas les seuls à tirer la sonnette d’alarme : de plus en plus de médias généralistes et spécialisés relaient les inquiétudes de la filière CBD. En tant que grossiste CBD, Deli Hemp se mobilise aux côtés des acteurs du secteur pour défendre une réglementation plus cohérente et soutenir des actions visant à faire évoluer le projet de Budget 2026. 

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1. Article 23 : ce que prévoit le PLF 2026 pour le CBD

1.1. Une nouvelle catégorie : les « produits bruts à fumer ne contenant pas de tabac »

L’article 23 introduit une catégorie fiscale spécifique de « produits bruts à fumer ne contenant pas de tabac ». Dans cette catégorie pourraient être rangés :

  • les fleurs de CBD (fleurs séchées),
  • les résines et hash CBD,
  • les cigarettes CBD et mélanges à fumer,
  • certains produits de vape CBD assimilés à des produits à fumer.

Pour ces produits, le texte prévoit une accise spécifique qui s’ajoute à la TVA de 20 % déjà en vigueur.

1.2. Une fiscalité "type tabac" : accise + assiette fixe

Dans sa version discutée, l’article 23 prévoit :

  • une accise proportionnelle pouvant aller jusqu’à 25,7 % pour certains produits bruts à fumer,
  • une assiette fixe au kilo (par exemple 18 €/kg pour certaines fleurs ou herbes à fumer),
  • le tout en plus de la TVA 20 %.

Concrètement, cela signifie que, à prix de gros égal, le coût fiscal d’un kilo de fleurs CBD à fumer pourrait augmenter fortement, avec un impact direct sur le prix public et sur les marges des revendeurs.

1.3. Vente réservée à des points agréés et encadrement de la vape

L’article 23 ne se limite pas à la taxation. Il prévoit aussi :

  • un agrément obligatoire pour les points de vente de produits du vapotage,
  • une restriction de la vente de certains produits assimilés aux produits à fumer à des points agréés par l’administration (notamment bureaux de tabac ou établissements sous contrôle des douanes),
  • une interdiction de la vente en ligne aux particuliers pour les produits de vapotage assimilés au tabac.

Objectif affiché du gouvernement : aligner la fiscalité et les circuits de distribution des produits au CBD à fumer et des vapes sur ceux du tabac, au nom de la « neutralité fiscale » et de la traçabilité douanière.

1.4. Un calendrier encore mouvant

Politiquement, la situation est encore instable :

  • le volet « recettes » du PLF a été rejeté une première fois à l’Assemblée nationale,
  • des amendements de suppression de l’article 23 ont été déposés et discutés,
  • le texte circule actuellement entre Assemblée et Sénat, et peut encore évoluer avant adoption définitive,
  • l’entrée en vigueur des mesures est envisagée entre juillet 2026 et janvier 2027, via décret d’application.

Pour autant, la menace reste réelle pour les acteurs du CBD, notamment sur les produits à fumer et les vapes.

2. Quels impacts pour les producteurs, grossistes et boutiques CBD ?

2.1. Pour les producteurs de chanvre

  • Les fleurs de chanvre destinées à être fumées deviendraient des produits soumis à accise, avec un régime proche de celui du tabac, alors qu’elles ne contiennent pas de THC psychoactif.
  • Les producteurs devraient gérer une complexité administrative accrue (traçabilité, entreposage sous douane, fiscalité spécifique).
  • Une partie de la production pourrait devoir se repositionner vers des usages non fumables (bien-être, cosmétique, chanvre industriel) pour échapper à cette fiscalité.

2.2. Pour les grossistes CBD

  • Nécessité potentielle de devenir entrepositaire agréé pour gérer les stocks de produits soumis à accise.
  • Gestion de banderoles fiscales, déclarations d’accise et contrôles douaniers, avec un impact fort sur les coûts de structure.
  • Pression sur les marges : les grossistes devront arbitrer entre hausse des prix et compression de leurs marges pour rester compétitifs face aux buralistes et autres points agréés.
  • Risque de rupture de certains circuits B2B si des boutiques ne peuvent pas ou ne souhaitent pas obtenir l’agrément prévu.

2.3. Pour les boutiques physiques et e-commerces

  • Les boutiques CBD indépendantes pourraient perdre le droit de vendre une partie de leurs produits phares (fleurs à fumer, hash, cigarettes CBD, vapes) si elles n’entrent pas dans le champ des établissements agréés.
  • Les sites e-commerce B2C seraient directement menacés sur les produits de vapotage assimilés au tabac par l’interdiction de la vente à distance aux particuliers.
  • Les acteurs B2B (plateformes pro) resteraient mieux positionnés, mais devront adapter leur catalogue et leur accompagnement réglementaire pour leurs clients revendeurs.

3. Anticiper la hausse des taxes : 5 réflexes pour les pros du CBD

3.1. Cartographier votre exposition à l’article 23

Premier réflexe : faire un inventaire précis de votre catalogue et le classer selon le niveau de risque :

  • Produits fortement exposés : fleurs CBD, hash, cigarettes CBD, vapes inhalables.
  • Produits modérément exposés : e-liquides et pods CBD selon leur qualification juridique.
  • Produits peu ou non exposés : huiles, gélules, cosmétiques, infusions alimentaires, produits bien-être, chanvre alimentaire.

Cette cartographie vous permet de savoir où concentrer vos efforts (en pricing, marge, négociation fournisseurs, repositionnement produit).

3.2. Simuler l’impact fiscal sur vos marges

Même si les modalités exactes d’application restent à préciser, vous pouvez déjà :

  • partir de votre prix d’achat au kilo (ou au litre pour les liquides),
  • ajouter un scénario d’accise (par exemple 18 €/kg + 25,7 % de droit d’accise),
  • appliquer la TVA 20 % sur l’ensemble,
  • projeter votre prix de vente HT et votre marge nette par référence.

L’objectif n’est pas d’obtenir un chiffre exact mais de visualiser l’ordre de grandeur de la hausse potentielle et d’identifier les produits qui deviendront difficilement vendables à moyen terme.

3.3. Adapter votre assortiment : plus de CBD "bien-être", moins de CBD "à fumer"

Sans abandonner totalement les fleurs et résines, il est raisonnable de :

  • renforcer vos gammes non fumables : huiles, gélules, cosmétiques, infusions, produits alimentaires au chanvre,
  • travailler des packs découverte et cross-selling pour habituer votre clientèle à ces segments,
  • limiter les références les plus exposées (fleurs bas de gamme, hash à faible valeur ajoutée) qui supporteront mal une forte hausse fiscale.

3.4. Professionnaliser votre conformité documentaire

Avec l’arrivée possible d’un régime d’accise et d’un contrôle douanier renforcé, les grossistes comme les boutiques ont intérêt à :

  • tenir des COA récents pour chaque lot (fleurs, résines, vapes),
  • assurer la correspondance lot / étiquette / facture,
  • mettre à jour les fiches techniques et les mentions légales des packagings,
  • formaliser un process de traçabilité en cas de contrôle douanier ou sanitaire.

Ce travail de fond sera de toute façon attendu par l’administration, quelle que soit l’issue précise des débats sur l’article 23.

3.5. S’appuyer sur un grossiste structuré et en veille réglementaire

Dans un contexte mouvant, travailler avec un grossiste CBD organisé présente plusieurs avantages :

  • accès à un catalogue déjà filtré selon les risques réglementaires identifiés,
  • mise à disposition de documents qualité et fiscaux (COA, fiches techniques, traçabilité),
  • capacité à ajuster les assortiments (plus de produits bien-être, moins de références à fumer si nécessaire),
  • accompagnement dans vos simulations de marge et vos arbitrages de gamme.

Plus votre partenaire grossiste est solide sur la partie compliance, plus vous pouvez vous concentrer sur votre métier : vendre, conseiller et fidéliser vos clients.

4. Article 23 : menace ou déclencheur de professionnalisation ?

Pour la filière CBD, l’article 23 du Budget 2026 est d’abord vécu comme une menace : risque de fermeture de certains canaux de vente, hausse des taxes, mise sous tutelle douanière.

Mais ce choc réglementaire peut aussi servir de déclencheur de professionnalisation :

  • mieux structurer vos gammes et vos marges,
  • passer d’une logique « opportuniste » à une logique long terme sur les produits non fumables,
  • renforcer vos process qualité, traçabilité et fiscalité.

Dans tous les cas, il est essentiel de :

  • suivre l’évolution des débats parlementaires (Assemblée nationale, Sénat, Commission mixte paritaire),
  • vous tenir informé via vos fédérations professionnelles et vos partenaires grossistes,
  • commencer dès maintenant vos simulations de marge et vos ajustements de catalogue.

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